Mortalité maternelle et infantile : l’urgence d’accélérer la politique sanitaire

 Sud Quotidien – Sénégal

« Nous ne pouvons pas accepter qu’au Sénégal, chaque jour 5 femmes meurent des complications de la grossesse et de l’accouchement, que 29% des femmes qui le désirent n’aient pas accès à la contraception moderne et qu’il y ait encore 54 décès d’enfants pour 1000 naissances vivantes ». Ces mots émouvants sont des appels de détresse adressés hier au ministre de la Santé et de l’Action sociale par les partenaires de la santé.

En procédant hier à la remise d’un don au ministère de la Santé et de l’Action sociale, les partenaires du Système des Nations Unies, en l’occurrence l’OMS, l’UNICEF et l’UNFPA, ont lancé un profond cri pour exhorter le Sénégal à appuyer sur l’accélérateur en vue de diminuer la mortalité maternelle et infantile de manière drastique. Car, en dépit des progrès notables confirmés par les récents résultats de l’enquête démographique et sanitaire dénotant une augmentation de 8 points en prévalence contraceptive, qui est passée de 12 à 20% entre 2012 et 2014, les performances restent faibles par rapport à l’objectif global.

Cette appréciation de Mme Andréa Diagne, parlant au nom des partenaires, indexe les OMD et, comme elle l’aura vivement clamé, lui ont permis de dire que les défis restent nombreux. C’est ce qui explique d’ailleurs qu’ils ne peuvent accepter qu’au Sénégal, en ce 21ème siècle, chaque jour 5 femmes meurent des complications de grossesse et d’accouchement et 29% des femmes qui le désirent n’aient pas accès à la contraception moderne. Alors que des études ont bien démontré que la planification familiale contribue fortement à la baisse de la mortalité maternelle, néonatale et infantile. Et il est regrettable que 54 enfants décèdent pour 1000 naissances vivantes.

En mettant l’index sur cette tumeur, les représentants des organisations onusiennes invitent le ministère de la Santé à renforcer l’accès équitable aux médicaments essentiels, aux matériels médicaux et autres équipements pour améliorer la santé des mères et des enfants. C’est d’ailleurs dans ce cadre que s’inscrit ce don de l’OMS, de l’UNICEF, et de l’UNFPA à la Pharmacie nationale d’approvisionnement (PNA) et qui se justifie dans le cadre du plan d’action pour la sécurisation des produits d’importance vitale pour la santé de la mère et de l’enfant.

« Les 500 sages seront déployées dans les régions courant mars »

La sortie des partenaires du Sénégal a été bien entendue par la ministre de la Santé et de l’Action sociale, le Pr Eva Marie Coll Seck qui, dans son intervention, a soutenu que la mortalité maternelle et la survie de l’enfant est une des priorités du gouvernement. Tout est en place pour inverser la tendance : « les stratégies, les politiques et les ressources humaines », a-t-elle ajouté avant de situer ce don supplémentaire comme un appui aux stratégies en cours.

Tout en reconnaissant qu’il y a encore beaucoup de choses à faire, le ministre a saisi l’opportunité du plateau de cette cérémonie pour annoncer que les 500 sages-femmes recrutées récemment par son département et qui tardaient à prendre service vont bientôt être déployées dans les structures sanitaires, notamment celles des régions les plus reculées où le besoin en ressources humaines est le plus pressant. « A partir de ce mois de mars, elles vont être affectées dans les régions où il y a une réelle frustration des populations », a conclu Mme Eva Marie Coll Seck avant de saluer grandement le geste des partenaires au développement dont l’appui, de 2014 à nos jours, est estimé à 1 milliard 400 millions de F Cfa.

Cheikh Tidiane MBENGUE

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